Posté le 4 novembre 2010 dans Carnet de campagne

L’individualisme viendra-t-il à bout du civisme ? Le débat du forum Libé, animé par Gilles Leclerc, m?a, une fois encore, amené à dialoguer avec Jean-François Copé. Échange récurrent avanceront certains? Mais il est essentiel de ne pas confondre dialogue Républicain et connivence, et n?en déplaise à tout le monde, nous entretenons lui et moi de bonnes relations. Ce qui peut se concevoir puisque Jean-François, se réclamant de mon soutien lors de chacun de nos débats, acquiesce immanquablement à mes propositions?

Pour en revenir au débat du jour, nos positions étaient d’ailleurs particulièrement divergentes.

L’origine des inégalités entre les hommes et les femmes illustre parfaitement le clivage entre la gauche et la droite. La droite considère que les inégalités s’expliquent, avant tout, par les différences innées des compétences : elles sont le résultat inéluctable de la vie. A l’inverse, la gauche estime que les inégalités tiennent, en priorité, à la répartition inéquitable du capital social et culturel : elles sont la conséquence réversible de la société. En ce sens, la gauche affirme qu’elle peut combattre les inégalités en changeant les règles de la société.

Être en prise avec les réalités urbaines

Le bonheur, l’accomplissement individuel, passe aussi par la culture. A l’issue du forum, le déjeuner partagé avec les intervenants et François Le Pillouër, directeur du Théâtre national de Bretagne, nous a conduits à échanger sur la situation des scènes nationales de notre pays.
Au nom de quoi la culture devrait-elle être le monopole d’une élite franco-parisienne ? « Mettre au service du plus grand nombre et des moins bien pourvus d’abord, le pain et le sel de la connaissance », disait Jean Vilar. Voilà le rôle de la gauche sur les questions culturelles. Cet enjeu n?est pas nouveau.

J?ai déploré parfois à Evry la programmation sur la scène nationale du théâtre de l’Agora de certaines pièces destinées à une élite alors que les arts vivants, qui plus est dans une ville populaire, devraient justement véhiculer une image de partage collectif. Il est indispensable de proposer aux habitants un théâtre en prise avec la réalité Å“urbaine; un travail ambitieux mené à Evry par Monica Guillouet-Gélys, directrice du théâtre de l’Agora.

En fin de journée, j’ai eu le plaisir de retrouver Yves Michaud, auteur de « Qu’est-ce que le mérite ? » et Sylvia Agacinsky.