A Nîmes, avec la fédération du Gard
Posté le 23 septembre 2010 dans Carnet de campagne
Manifestations contre le projet de loi sur les retraites, débats avec les militants de la fédération Gardoise, rencontre des dirigeants et salariés de l’entreprise Eminence, exemplaire par son savoir-faire autant que par son souci de minimiser l’impact des délocalisations? Retour sur mon séjour dans le Gard les 23 et 24 septembre.
Mon séjour à Nîmes est de ces moments qui comptent, de ces instants où l’engagement militant retrouve sa plus pure expression. Mon hôte Jean Denat, conseiller général du canton de Vauvert avait comme à son habitude, organisé les temps forts de ces journées gardoises de main de maître.
L’entretien avec Damien Alary, président du Conseil Général du Gard, nous a permis de dialoguer sur un sujet préoccupant, celui de la posture du PS, de la politique actuelle sur laquelle nous avons tant à dire. Mais l’heure étant à la construction, à l?émergence d’idées neuves et réalistes, nos échanges nous ont vite menés à aborder la politique sociale, au c’ur de nos mandats d’élus locaux. Les allocations, le RSA, les problématiques liées à l’emploi, et surtout à l’absence d’emploi dans nos circonscriptions, sont, quels que soient les territoires, des problématiques auxquels nous sommes chaque jour confrontés.
Manifestations contre le projet de réforme des retraites
Si la réforme des retraites, pourtant utile, n’est pas le fruit d’une concertation avec les français, elle ne servira à rien et, présentée telle qu’elle l’est aujourd’hui, elle demeure profondément injuste. Les français ont d’autres attentes que celles avancées par un gouvernement qui tente, une fois encore, de passer en force. Or, la réforme s’est décidée dans les ministères, à l’Elysée, sans que ne soit pris en compte l’avis des français.
Aux côtés des adhérents de la fédération du Gard, conduite par son secrétaire en intérim Jean Grenier, j’ai rejoint les rangs des manifestants contre ce projet de loi sur les retraites, dialogué avec des militants qui, en dépit d’une fédération locale chahutée, ont gardé intactes leurs convictions.
Dans la foulée de cette journée riche de rencontres, ma participation au colloque organisé par le MEDEF du Languedoc-Roussillon m’a permis, n’en déplaise à certains, de dialoguer avec les acteurs économiques de la région sur l’avenir des entreprises après la crise. Je ne vois pas comment un politique, sous prétexte d’être de gauche, devrait s’affranchir d’un dialogue avec les chefs d’entreprises. Les socialistes sont peu enclins à parler d’entreprise. Or, nous ne pouvons brandir la valeur travail comme un de nos fondements et refuser le dialogue avec les patrons de PME et PMI qui créent des emplois et génèrent de la richesse. Nous ne pouvons plus rester impuissants face la disparition des traditions et du savoir-faire lors de chaque délocalisation, il faut cultiver le goût d’entreprendre dans notre pays.
Être à l’écoute des dirigeants qui s’investissent pour maintenir leur entreprise en France me paraît évident et nullement paradoxal avec l’attention portée aux salariés. Ne soyons pas manichéens. Trop de politiques boudent les décideurs économiques, pour ne pas dire « fustigent » alors que le dialogue « social » me semble aussi passer par l’échange avec les chefs d’entreprise.
