Posté le 23 août 2010 dans Carnet de campagne

Voilà un homme qui aime jouer franc jeu et parler vrai. Des qualités qui ne me laissent pas insensibles… Karim Zeribi m’a convié, avec le premier fédéral PS de l’Essonne Carlos Da Silva, à une visite « soutenue » de Marseille.

Elu de terrain, enfant de la ville où il occupe aujourd’hui des fonctions politiques, Karim Zeribi sait d’où il vient et de quoi il parle. Quel meilleur guide pouvait-on espérer pour découvrir Marseille ?

Pour débuter cette journée, la visite de l’Ecole de la deuxième chance, dans les quartiers nord, animée par son président Jean-Louis Reiffers a apporté la preuve que les valeurs d’éducation et la formation permettent aux jeunes adultes, en rupture avec le système scolaire, d’acquérir des bagages pour s’insérer dans la vie professionnelle et au-delà dans la société.

« Profil », une entreprise de BTP spécialisée dans les travaux en hauteur, conjugue la compétence d’un métier à celle de l’exercer suspendus, à l’aide de harnais et de mousquetons. François Ranise, son PDG, propose une formation et des emplois à des jeunes issus de quartiers difficiles et en échec scolaire. Le dépassement de soi, le goût du défi et la confiance retrouvée prennent tout leur sens dans cette démarche de réinsertion.
Ensuite, Karim a souhaité m’emmener visiter la Castellane, rare zone de non-droit du pays. Ce quartier est de ces improbables territoires tenus par des fiefs dirigés par des groupes qui terrorisent et dictent leurs propres règles. J’y ai constaté les conséquences d’une concentration de populations fragiles au sein d’un même quartier. Je persiste donc et j’en appelle à une véritable mixité. Faute de cela, les inégalités s’aggraveront par la séparation ethnique et la stigmatisation.

Rompre avec le conservatisme ambiant

Fondateur du club « Nouvelle France », Karim m’a convié à m’exprimer dans la salle du club Pernod (Marseille oblige, on ne renie pas son patrimoine !) sur le thème « Comment réinventer une gauche moderne et enrichie ». Regarder la société telle qu’elle est aujourd’hui, ce que les Français en attendent sans préjugé me paraît une approche essentielle.

Marché pagnolesque…

En guise de promenade dominicale, arpenter les étals du marché de l’Estaque avec Henri Jibrayel et ses collègues a été pour moi un moment « Pagnolesque », avec toute l’affection que peut éveiller cet adjectif. Je me suis surpris à nourrir pour les joutes nautiques un engouement presque similaire à celui que je porte au football l’esprit méditerranéen sans doute…

C’est à la librairie Maupetit, dirigée par Geneviève Gimeno, que je me suis livré à l’exercice de la dédicace. Beaucoup de militants et d’élus socialistes sont venus m’y retrouver : Elisabeth Said, Eugène Caselli, premier fédéral des Bouches du Rhône, Olivier Petronio, Frédéric Muhl Valentin, Ludovic Girard

Marseille a été pour moi l’occasion, outre celle de retrouver de vieux amis, de tisser des liens avec des habitants, des personnes attachantes ou des militants désireux d’être entendus dans une société qui semble les avoir laissées de côté.

Un souvenir à la fois amusé et émouvant : l’ovation de la Communauté comorienne, venue m’attendre à la sortie de la libraire, avec banderoles et encouragements. Une visite aussi inattendue que mémorable !