Avignon – Rencontres avec des professionnels du spectacle
Posté le 7 juillet 2010 dans Carnet de campagne
Le coup d’envoi de ce marathon culturel a été donné dès l’accueil réservé par Marin Karmitz à Anne, mon épouse et moi. Direction l’église des Frères Prêcheurs en Arles où une exposition était consacrée à notre hôte dans le cadre des rencontres de la Photographie. Emboîtant le pas de Christian Caujolle, commissaire d’exposition, nous avons découvert un espace magnifique ; une visite éblouissante suivie par la rencontre avec l’œuvre de Giacomelli, aux cimaises de la chapelle du Méjean.
La première journée en Arles s’est achevée par l’ouverture du Festival d’Avignon dans la cour d’honneur du Palais des Papes, à l’invitation du Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Si je reconnais le talent et la richesse intellectuelle de cet homme d’une grande culture, je n’en demeure pas moins ferme à l’égard de ses écrits, que j’avais ouvertement condamnés au moment des faits.
« Est beau ce qui est beau intérieurement »
La présentation du spectacle de Christophe Marthaler, en ouverture du festival pose la question de la culture populaire et élitiste. Les œuvres de Miquèl Barceló présentées à la Collection Lambert, portraits bruts d’une Afrique meutrie, ont un sens. Est Art ce qui touche. « Est beau ce qui procède d’une nécessité intérieure de l’âme. Est beau ce qui est beau intérieurement » écrivait Kandisky*. Cet adage, s’il s’applique pour les arts visuels, revêt également un sens pour les arts vivants. J’ai assisté à la représentation du spectacle d’un ami metteur en scène, Frédéric Muhl Valentin, dont le spectacle Un de la Canebière sera présenté en janvier à Paris. Cette pièce drôle, émouvante, formidablement interprétée par les comédiens de la Compagnie les Carbonni est un spectacle vrai, populaire mais non populiste- dont je soutiens pleinement l’initiative. Il est urgent de construire une nouvelle politique de diffusion du spectacle en France, en Europe et dans le monde. Un sujet majeur dont je me suis entretenu au Clos Saint-Louis avec Vincent Baudriller, co-directeur du festival d’Avignon. Nous partageons ce constat de la baisse significative de fréquentation des lieux de diffusion du spectacle vivant.
* »Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier », 1911.
